somewhere over the rainbow

Publié le par freakylady

Un petit deuil : Je viens de regarder le tout dernier épisode de "Sex and the city" . Quatre bons mois que je m'enfonce dans mon fauteuil, le portable sur les genoux, l'intégralité des épisodes bien calés dans mon disque dur.

Mais cette fois-ci, c'est bien terminé: Carrie est rentrée à New-York, évidemment elle est avec  Mr Big, et la voilà qui s'éloigne sur Park Avenue, riant aux éclats dans un tourbillon de robe Givenchy, de breloques Cartier et d'escarpins Manolo Blanik. Clap de fin.

Moi, je me réveille engoncée dans ma vieille veste en laine Promod couleur serpillière, recroquevillée dans mon fauteuil, dans une semi-pénombre ( toujours baisser les volets pour éviter les reflets sur l'écran de l'ordi...), et pendant quelques instants confus, le temps de descendre à la cuisine, je me sens aussi légère et pétillante que Carrie Bradshaw. Je sens palpiter en moi toute la sève de la vie new-yorkaise. Jusqu'à ce que je tombe, inévitablement, sur un méchant bout de reflet, et mon coeur s'écrase au fond de mes chaussures : je ne suis pas maquillée, je n'ai jamais réussi à être coiffée de ma vie, je suis aussi grande qu'un homme, je suis gracieuse comme un cheval sur patins, et je n'ai pas les pommettes saillantes.

Je suis Frédérique, je vis à Valenciennes, je me débats la plupart du temps avec ce que je suis et ce que je vis et surtout, surtout, avec la médiocrité du monde.

Est-ce un hasard? Un inquiétant début de dépendance ? Je passe de plus en plus de temps à me plonger dans des films, des séries, des romans. Je sors moins, j'éprouve moins ce besoin impérieux de me frotter à toutes sortes de gens. Je passe des journées entières, coupée du monde extérieur.

Comme quand j'étais enfant, à l'époque où internet n'existait pas, où la télé était sévèrement verrouillée par les parents et où le cinéma était encore inaccessible. Je m'abreuvais de livres, partout, tout le temps. Aveugle et  sourde à tout ce qui pouvait m'entourer. Ce qui a laissé croire, à tort, à mon entourage que j'étais une intellectuelle. 

Parlez-en aujourd'hui à mes copains qui se frappent le front à chaque fois que je me précipite pour voir le dernier nanar d'horreur sorti en salle...

Vingt ans après, je continue à vivre une vie parallèle dans un espace-temps qui n'existe pas. 

Tout à l'heure, j'ai eu mon père au téléphone, et comme souvent, la conversation m'a laissé un sale goût amer. Je suis restée quelques instants à écouter intérieurement mon coeur se tordre, puis j'ai machinalement enfoncé les écouteurs dans mes oreilles et j'ai ouvert un autre épisode. Les volets baissés.

Je pense parfois aux gens qui fument leur pétard en rentrant du boulot, qui boivent un verre avant d'aller dormir, qui avalent discrètement un quart de Lexomyl avant de sortir dans la rue. Qui jouent au Loto, qui pleurent devant "Les feux de l'amour ".

Je contemple mon ordinateur.

Eh, rassurez-moi : Sommes-nous si nombreux à être sérieusement inadaptés, ou le monde est-il en réalité aussi dur qu'il en a l'air quand je relève mes volets?

Dernière question : laquelle de ces deux réponses serait la plus rassurante?

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Commenter cet article

biboul 24/05/2007 04:17

t inquiete miss
tu vis a valencienne
tu t appeles fred
mais tu vaut le detour
alors garde le moral
on va tous les baiser
jul

Lolo 22/05/2007 23:01

Une vie parallèle, pour t'évader un petit peu, alléger les pressions qu'exerce le monde qui nous entoure. Non tu n'es pas inadaptée, c'est juste un besoin, de pouvoir s'évader, de temps en temps, de la routine, de ce qui nous fait mal...