un jour mon 24ème prince viendra...

Publié le par freakylady

... OK , OK , je frime un peu , ils n'ont pas été aussi nombreux.

Pas tout à fait.

Quoique.

Non , sans tomber dans ce panneau hideux de nunucherie du prince charmant, il y a des hommes qui comptent plus que d'autres.

Mais nooon , ça n'est pas FORCEMENT une question de taille , je vous vois arriver les filles, bande de perverses.

C'est  une question d' amûr. Le beau, le pur, le vrai qui donne des papillons dans les intestins.

Le premier, évidemment, c'est pour la vie. Il nous décille les yeux, déchire le voile qui nous masquait jusque là toute la violente beauté du monde, nous ouvre le coeur en grand et fait de nous, attention roulements de tambour, une FEMME. Une vraie.

Non, pas SEULEMENT pour cette raison-là , bande de perverses. Ca suffit maintenant.

Celui-là, il est le père tout désigné de nos futurs enfants, on se voit vieillir côte à côte, main dans la main par dessus les couvertures qui recouvrent nos jambes variqueuses. Et on se fiche de savoir qu'on a dix-sept ans , et que, d'ici là, il y a de la marge. On nage dans l' Ab-so-lu.

Mais c'est surtout celui qui nous fait dérouiller plus grand que nature quand, évidemment, parce que maintenant on a dix-neuf ans, que les choses sont salement foireuses depuis des mois, qu'il faut quand même faire en sorte, au milieu de ce marasme sentimental, de décrocher son DEUG, tout à coup intervient la RUPTURE.

Non souhaitée par l'élément féminin, généralement. Généralement dans mon cas.

Ensuite vient celui qui nous fait croire de nouveau au beau chevalier blanc. Celui qui nous râcle étalée en fine couche dépressive sur le sol, nous récupère, nous reconstruit et nous rend belle, équilibrée et heureuse. Celui qui nous apporte des amis, une famille, une culture, bref, une VERITABLE ouverture sur soi et sur le monde. Celui qui rend possible les balades paisibles main dans la main au bord de la mer.

Celui avec qui, miracle, on emménage dans un VRAI appart, on ouvre un VRAI compte commun, on achète des VRAIS meubles Ikea, et chaque nouveau dessous de plat acquis à l' Incroyable nous remplit d'une joie infantile, mais ô combien candide et pure. Une joie enfin dénuée de toute ombre de souffrance imminente.

On est ENFIN en train de construire quelque chose, cela respire dans la moindre fibre de bois qui nous entoure et nous protège comme un cocon, et on est Heu-reux.

Vraiment, simplement. Sans mauvaise foi. Ca dure, on croit que ça va durer toujours, d'ailleurs les papiers signés et classés sur l'étagère du bureau le prouvent jour après jour. 

Et puis, surtout, on tient la plus belle personne qui soit, on a du mal à y croire soi-même, d'où vient cette chance incommensurable d'être tombée sur LUI, et surtout qu'il nous aille si bien à NOUS?

Ca vient du fait qu'on ne se connaissait pas si bien que ça, finalement, et qu'une fois qu'on se découvre toute belle et toute reconstruite, on se rend compte qu'on est intrinsèquement bien plus bancale que cette jolie vie ne nous permet de l'être.

Alors on pleure, on souffre de façon moins spectaculaire mais bien plus profonde, et il faut de nouveau accepter de laisser gambader le beau chevalier blanc vers de nouvelles aventures.

Et puis, un autre arrive. Sournoisement, en traînant les pieds, sans cheval ni armure, et on se laisse prendre comme une bleue.

Clac, pas le temps de respirer, on se prend à ricaner avec les copines dans le canapé à longueur d'heures : c'est foutu, on est de nouveau amoureuse.

Sauf que , là , faut quand même pas déconner.

On a plus dix-sept ans, on a eu un paquet d'apparts et même une maison , on a SON compte-chèques et SES économies, ses petites manies et des velléités toutes neuves de rester en PAIX.

Quoi qu'il arrive.

Les engagements à vie, les serments déchirants, les trémolos dans la voix, on pleure encore quand on les entend au cinéma, mais dans la vraie vie, on a un peu de mal. C'est comme une boule de coton nichée dans votre cerveau, qui filtre instinctivement ce qui ressemble même vaguement à un projet de COUPLE.

Parce que, au fil des princes charmants, la seule chose qu'on retient... c'est nous. Au bout du compte, nous toutes seules.

Attention, point de pessimisme dans ce constat des temps modernes ; point de renoncement , ni d'usure du coeur. On fonce tête baissée, on se dit " je t'aime" pour la première fois en pyj , les yeux gonflés de sommeil , la cafetière à la main debout dans la cuisine ; on emménage ensemble avant que votre propre père ait totalement ingéré la nouvelle de votre rupture précédente ; on présente aux famille, amis, collègues, patronne de bar avec un flegme déconcertant ( " comment ça, bordel, " déjà" ? ).

Bref, on ne fait pas sa mijaurée, on y VA. On aime, on assume.

On assume, mais on ressasse les mêmes questions face aux copines bienveillantes, dont une surtout, inévitable :

Combien de temps? 
Combien de temps avons-nous? 
Combien de temps cela va-t-il durer, cette fois-ci?

On est quand même soulagées de constater que ces questions ne nous inquiètent pas vraiment, qu'elles ne nous empêchent pas de faire voler nos petites culottes en rentrant à la maison, dans l'enthousiasme réel de ce bel amour qui nous est offert comme un énième cadeau à un enfant gâté.

Simplement, ces questions sont le fruit doux-amer de nos amours de princesses punk , sans cesse saccagés , sans cesse renouvelés.

On va dire que ça s'appelle la sagesse.

Ouais, c'est ça, marrez-vous... ( sachant que , dans le cas où vous seriez un garçon, vous venez de perdre définitivement l'occasion d'être un hypothétique vingt-cinquième...)

 

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biboul 26/06/2007 01:54

putain 24 prince ,tu te fait pas chier
j attends impatiament la deuxieme princesse moi……
mais c est le nombre qui fait ,c est l age
j aime beaucoup ta facon d ecrire
bisous a +

Lolo 25/06/2007 23:11

"faire voler nos petites culottes en rentrant à la maison". Je ne te regarderai plus de la même façon au collège !!!