je suis venu te dire que je m'en vais (mais pas complètement)

Publié le par freakylady

Changement de programme, Toundra...

Même si mon paysage amical s'est sensiblement apaisé ces derniers mois, reste que le happy end n'est jamais universel et que l'eau de rose tourne parfois à la sale eau de vaisselle.
A tour de rôle, nous nous cherchons, nous nous perdons, et parfois nous nous séparons.
Le bonheur devrait être contagieux et emporter mes amis, TOUS mes amis, vers une terre nouvelle où nous serions plus sereins, plus tranquilles et où nous ne nous interrogerions plus sur ce que nous sommes et ce que nous faisons.

Aujourd'hui, un de mes amis reste sur le carreau et doit se ronger les ongles en attendant de voir redébouler son Ex entre les murs dans lesquels ils ont vécu ensemble.

Ce n'est pas possible, me dites-vous? Les Ex ne réintègrent pas le domicile conjugal, à moins d'enfiler de nouveau l'anneau?
Mais si. Preuve en est faite. Car en ce monde de beauté et de fureur, il existe deux races dont l'origine se perd dans la nuit des temps, deux races qui, siècle après siècle, tour à tour se déchirent et cherchent alliance, deux races maudites qui se haïssent mais qui ne peuvent vivre l'une sans l'autre...

Les Romantiques Sacrifiés et Les Chieur(se)s Sans Scrupules.

Si vous faites partie de la première catégorie, vous comprenez parfaitement ce que je veux dire. Vous faites partie de cette confrérie qui a régulièrement hululé à la lune : " Mais BORDEL , pourquoi je tombe toujours sur ce genre de fille/garçon? Pourquoi ce sont les seul(e)s qui m'intéressent? Pourquoi j'y retourne à chaque fois alors que je me fais déchirer le coeur à tous les coups?"

D'où un sentiment intense de fatigue et de désespoir à chaque fois qu'on se retrouve subitement confronté à un démon casse-couilles alors qu'on avait signé pour une créature envoûtante et EXTRAordinaire (c'est ce qui fait leur charme, non? Leur côté " tu reverras jamais ça dans toute ta putain de vie?")

De toute évidence, c'est le prix à payer pour sucer la moëlle de la vie. On est un Romantique pur et dur, on est né comme ça sans avoir choisi, mais on l'assume et on y va. Notre mission sacrée: ressentir les choses en grand, ne pas aimer mais adorer, ne pas embrasser mais dévorer, ne pas faire l'amour mais mourir et tuer à chaque fois. Ressentir que l'autre est un miracle permanent et qu'il y a du mystique dans ce qui nous relie à lui/elle.
La logique voudrait que les Romantiques se retrouvent entre eux, que leur besoin d'absolu les pousse comme des aimants les uns vers les autres. Eh non. Trop facile. Les Romantiques sont des aimants jumeaux qui se repoussent.

Au contraire la logique perverse du monde met systématiquement sur notre chemin des créatures qui attisent notre goût pour le rêve, pour le "no-limit" des sentiments, mais qui ne le partagent pas. Des créatures qui nous brûlent, mais dont le coeur est étrangement froid.
Et qui nous font donc dérouiller grandeur nature, non seulement au fil de notre histoire commune, mais spécialement quand cette histoire s'arrête.

Comment supporter ces moments-là? Plutôt qu'une méthode transcendentale de dix pages, dégainons la bonne vieille maxime à mémé : " Té mets ta couette su' t' tête et pis t'attinds."

Sachant que l'enjeu principal ne se présente pas maintenant, mais APRES. Quand elle sera partie pour de bon. Et qu'on se retrouvera seul, face à cette question obsédante :
"Suis-je condamné à rencontrer toujours la même femme? Suis-je capable de me passionner pour une femme qui n'appuiera pas là où ça fait mal à longueur de temps?"

Heureux homme. Ces femmes, et ces hommes, existent. Cachée dans les arbres, dans des terriers, assistant placidement aux batailles des deux Races millénaires, une autre race obscure a attendu son heure.
Des femmes et des hommes qui possèdent suffisamment d'intelligence, de sensibilité, de profondeur pour nous captiver et nous garder ; et suffisamment de bonté pour nous laisser vivre...

... en PAIX.

Il n'y a pas de fatalisme dans nos relations amoureuses, pas de prédestination. L'accumulation de nos douleurs, de nos regrets, de nos amertumes nous entame certainement et nous fait parfois fléchir, mais elle nous travaille aussi, change en bois puis en métal doux la face de notre coeur que nous découvrons aux gens que nous aimons. Il existe un seuil de tolérance que même les Romantiques ne dépasseront pas, un instinct de survie qui nous ouvrira les yeux et qui nous fera voir celles et ceux qui, jusqu'à aujourd'hui, ne nous attiraient pas, auxquels nous ne croyions pas.
Et qui nous aimeront comme nous le méritons.
Parce que nous le méritons.

Coupe-lui une mèche de cheveux de vingt centimètres dans son sommeil, Toundra. En souvenir. Elle aussi connaîtra le prix à payer, pour avoir aimé un Romantique...
Et puis comme ça elle se barrera plus vite.
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Sof 09/10/2007 13:27

Tes articles me touchent, remplis d'émotions diverses. Ca me fait marrer, pleurer, c'est criant de vérité. Merci!