dans tes rêves

Publié le par freakylady

J'avais prévu d'écrire un truc marrant, mais la nuit en a décidé autrement.

Bon, inutile de préciser que je suis schizo à la base et que je vis déjà en grande partie dans un monde qui n'existe pas, on est bien d'accord.
Reste que, durant la journée, j'arrive sans trop de problèmes à faire la distinction entre ce qui est VRAIMENT vrai et ce qui n'est vrai que pour moi. J'arrive aussi à me comporter comme un individu parfaitement sociable, je suis gentille, polie, serviable, bref je suis la meilleure copine du monde.

Est-ce parce que j'ai forcé sur le rosé et le fromage de chèvre hier soir?  Je me suis arrachée ce matin, avec la plus grande difficulté, à une nuit épuisante. 
Vous savez?
Vous avez dormi comme une pierre, vous avez à peine changé de position depuis que vous vous êtes pelotonné sous la couette, et pourtant vous vous réveillez exténué, moulu, comme si vous vous étiez battu toute la nuit. 
Comme si vous aviez vécu des années en quelques heures.
Non pas épuisé physiquement ( quoique mes yeux ressemblaient à deux chambres à air dans le miroir de la salle de bains ) , mais dans votre tête et dans votre coeur.
Vous avez vécu au cours de la nuit des choses trop grandes et trop violentes pour vous.

Je suis toujours un peu inquiète quand je réalise, une fois sortie du sommeil, à la fois la précision et la violence de certains de mes rêves. Et abattue par leur trop évidente signification.

Cette nuit j'ai erré dans des lieux habités aux pièces à la fois familières et nouvelles, aux couloirs labyrinthiques. Mon regard s'attachait à chaque fleur, à chaque objet, à chaque tissu, et chaque détail provoquait un écho terriblement fort, chaque détail soulevait au plus profond de moi des vagues terribles d'amertume ou de tristesse, de désespoir même.

Je me suis disputée violemment avec quelqu'un, et même ce mot de dispute est trop faible pour désigner ce qui n'a de chair que dans nos rêves.
Je n'ai jamais éprouvé de sentiments aussi violents que dans mes rêves, comme si mon coeur de rêve enflait, poussait contre mes os et ma peau, battait contre les parois de ma tête, et qu'il était capable de générer une douleur, une tristesse, une colère telles qu'un être humain ne pourrait en contenir dans la vie réelle.

Vous ouvrez les yeux ; vous êtes tout d'abord soulagé d'être revenu à la réalité, de ne sentir que les pulsations ralenties de votre véritable coeur. Mais votre retour au monde pour une nouvelle journée s'inscrit malgré tout dans la continuité de ce que vous avez VECU , de l'ampleur surnaturelle des sentiments que vous avez EPROUVES , dussent-ils être des chimères nées de la combinaison de vos hormones et des déchets toxiques de votre subconscient.

Vous avez l'impression étrange et angoissante de découvrir un autre Vous , libre de toute contrainte sociale, morale et sentimentale ; un autre Vous qui hurle et frappe avec une violence, une haine et un désespoir dont vous espérez secrètement qu'ils ne vous appartiennent pas, qu'ils sont ceux de cette créature jumelle qui endosse vos traits, le temps d'un rêve.

Flippant, mmm?
J'arrive à me faire peur toute seule. Trop de films fantastiques, je le savais.
Et après, on se demande pourquoi je n'ai jamais plongé le nez dans la poudre ou la langue dans l'acide, même avec d'aussi mauvaises fréquentations...

Vous imaginez les TRIPS ?

Pour la sécurité du territoire et pour le bien public, je pense que je vais rester sur la voie d'une relative sobriété...

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cubik 20/11/2007 14:32

y a des jours où c'est pas mal de ne jamais se souvenir de ses rêves, même si on se réveille fatigué