fire walk with me

Publié le par freakylady

Je ne peux pas m'empêcher de le faire.

Je sais que c'est stupide , je sais que ça va mal se terminer à chaque fois , je visualise très exactement la suite des événements , et pourtant je le fais quand même.

Je ne peux pas m'empêcher de coller mes mains DANS le four.

Moi , je suis une instinctive. Pour estimer si un plat est prêt ou pas , j'utilise toujours la même technique infaillible : je trempe le doigt dedans.
Pour tester des lasagnes ou une quiche aux poireaux , ça signifie donc glisser une main qui ne doit pas trembler , bien parallèle aux bords du plat  , dans un four préchauffé à 200° depuis une demi-heure.
Sauf qu'évidemment , ça ne marche jamais. Evidemment , deux secondes après , je suis en train de hurler et de consoler des lèvres le doigt que je viens de coller sur la plaque.

Au moment où je tapote , j'observe le processus de cicatrisation en cours sur le bord intérieur de mon poignet gauche.

Comment peut-on répéter le même comportement en ayant à ce point conscience que c'est non seulement stupide , mais carrément dangereux?
Il y a trois jours , le poignet à vif pressé contre les lèvres , assise par terre dans la cuisine , la métaphore m'a enfin sauté au visage. 
La question de toute une vie :
pourquoi s'obstiner à jouer avec le feu ?

Savoir par expérience qu'un comportement est absurde , dangereux et que les conséquences seront inévitablement douloureuses. Et répéter l'expérience , encore et encore.

Plusieurs pistes:

Parce que , comme dans la fable africaine du scorpion qui veut traverser le fleuve sur le dos de la grenouille , c'est dans notre nature. Et qu'on ne lutte pas contre sa nature , même en s'aidant d'un peu de raison et de beaucoup d'expérience.
Parce que l'homme est un animal optimiste et qu'il existe toujours , dans son esprit abusé , un ESPOIR que ça passe.
Parce que l'homme est un animal joueur et qu'il existe toujours , dans son esprit enfiévré, une CHANCE que ça passe.
Parce que l'homme est un animal suicidaire et qu'il existe toujours , dans son esprit morbide , un DESIR d'observer encore une fois que ça ne passera pas.

Parce qu'il existe chez certains d'entre nous une fascination pour la brûlure , une joie froide et sauvage de contempler nos propres terres incendiées. Une appétence à la destruction plutôt qu'au simple risque.
Comme Laura Palmer dans " Twin Peaks ".

Encore combien de temps à présenter ses paumes ouvertes au feu , avant de choisir de mettre des gants...

... ou de continuer jusqu'à la fin à rire et à pleurer nerveusement devant ses propres plaies?

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freakylady 10/12/2007 17:58

Tiens tiens... je file de ce pas fouiner dans mes étagères : Edgar , ça fait un paquet d'années qu'il traîne dans mes murs...
Sinon , DAK pour Decent Addiction (to) Kangaroos ?

Simon DAK 09/12/2007 19:30

Hey ! First comment de Simon "Sam" DAK (je change de pseudo comme de coupe de cheveux you know...). A propos de cette fascination à se jeter la tête la première dans le premier mur venu, on trouve un texte fort interressant dans les Nouvelles histoires extraordinaires de E.A POE qui s'intitule dans la traduction baudelairienne Le Démon de la perversité. Instructif et rassurant ... See U soon

freakylady 04/12/2007 19:58

Francis< Merci Francis , je me sens moins conne et moins seule. Mais la biafine , ça marche sur les brûlures existentielles?

Francis 04/12/2007 14:24

Mais non, c'est juste parce que c'est bon, les lasagnes et la tarte aux poireaux, et sur l'instant, tu ne réfléchis pas. Je te comprends.
Mais essaye la biafine, quand même.