rideau.

Publié le par freakylady

C'était drôlement bien. Mais je vais m'arrêter , maintenant.

J'ai commencé ce blog sur une impulsion , moitié bravade moitié bouteille à la mer. Pour tout un tas de raisons inconscientes et non formulées qui ont pu , justement , se démêler tranquillement ici.

D'abord parce qu'à cette époque , ma vie s'était retournée comme une crêpe. Non pas que ce fût la première fois : quand on est un inadapté crasse , ça se révèle suffisamment tôt pour réserver plusieurs grands moments de désarroi existentiel.
Mais cette fois-là a été suffisamment surprenante , suffisamment douloureuse , suffisamment définitive pour  appeler un grand dégorgement de fond. Ayant pratiqué le psy dans tous les sens , j'ai perdu depuis longtemps le goût de la thérapie payante sur canap : la simple idée d'entamer un nouveau tour de piste dans ce cirque interminable me fatigue.
Hop hop , blog , donc. Inédit , inconnu , le support m'a bien botté. Et puis ça revient moins cher que de poireauter après le remboursement de la Sécu.
Mettre des mots sur ce que je vis bien et moins bien , sur ce que je ressens mais que je ne prononcerai jamais à haute voix (car même les plus grandes gueules sont parfois à court de mots) , sur ce que je suis et que j'ai tant de mal à être , et tout ça à longueur de pages publiques , m'a fait beaucoup de bien. Et me rassure. Dans ma perspective un peu ébouriffée du " et si je meurs demain " , je peux désormais compter sur le fait que j'ai , au moins en partie , fait passer ce que je voulais aux gens qui me sont chers.
A savoir :
Voilà ce que je suis quand vous ne me regardez pas , voilà ce que je pense et ce que je ressens derrière ma bouille d'éternelle souriante élastique. C'est ici que j'ai assumé mes ténèbres autant que ma lumière , et ce blog a traduit en mots ce que j'ai tatoué sur mon dos.
Et puis , plus que tout :
Damien , Marie , Caroline , Thomas , Marie-Caroline , Arnaud , Luc , Hélène , Perrine , Steve , Solenn , Madjid , Julien , Ludovic , Samuel , je vous aime.
Toi , ça ne compte pas , tu le savais déjà.
Et toi , ma mère , ton nom est le seul mot qui peut exprimer ce que je ressens pour toi.
On arrête de chouiner : les autres , j'y viens.

Mais ce recours a justement ses limites. Depuis ces dix derniers mois , d'article en article , j'ai pris le temps de tirer le fil de ce qui me titillait et de défaire la pelote.
J'arrive au bout , maintenant , de ce que j'ai à dire.
Non pas que la thérapie-blog ait résolu le schmilblick : trop facile. Ce que j'ai raconté et vécu reviendra. Ca n'est même pas une fatalité , c'est la vie , c'est tout.
Mais , à mon sens , tomber dans la répétition de mes constats frédiens finirait par rayer le disque et ôterait tout intérêt à la chose : parler UNE fois d'un bobo humain permet de tendre vers l'universel , en reparler à l'envi tournerait au show égotiste.
Ca ne serait intéressant ni pour vous , ni pour moi.

Ensuite , ce blog a été la première véritable occasion de soumettre au regard des gens ce que je fais en solitaire depuis... le début , à vrai dire , à savoir  ( c'est qui le petit con qui a crié " masturbatiooooon ! "  ?) écrire.
Je sais ce que je vaux quand je chante , pour l'avoir fait en public. Tiens , d'ailleurs , j'ai arrêté.
Je sais ce que je vaux quand je dessine , puisque je n'avais pas plus de 13 de moyenne en arts plastiques au collège et que Mr ...sky ( j'ai oublié le début de son nom de polack ) était tout de même vachement sympa.
Je sais ce que je vaux en cuisine parce que je fais toutes mes courses chez Picard.
Et puis , tout ça , je m'en fous.
Mais écrire... à part quelques fuites honteuses par ci par là , ça n'était guère sorti de mes petits classeurs , puis de mon ordi.
Et là...
L'ayant fait sans réfléchir , j'ai été toute ébaubie de rencontrer un retour.
Et je peux vous dire que ça fait chaud au coeur.
Non pas que ça m'encourage à continuer ; on ne choisit pas de respirer ou non. Disons simplement que constater que ce vieux réflexe vital accomplit son boulot , à savoir donner envie d'attraper la main que je tends...
...c'est comme apprendre aux infos que Dieu existe.
Ca redonne la foi.

Et c'est aussi pour ça qu'il est temps d'arrêter.
Parce que j'ai une histoire à terminer , parce que ça fait longtemps , trop longtemps qu'elle me pend au nez , et qu'il est temps de me remettre au boulot.
Parce que bidouiller ce blog me soulage ponctuellement de mon besoin d'écrire , et que ce besoin-là doit se concentrer sur ce que j'ai réellement BESOIN de faire. Et de terminer.
Trop con de ne pas pouvoir honorer la femme de sa vie par faute de trop de branlettes. Pardon pour la métaphore douteuse.
Puisque ce blog m'a permis de me mettre à poil et de voir ce que ça donne , il le fera jusqu'au bout :
A savoir que , quand je gratte la chair jusqu'à l'os , la dernière chose qui donne un sens , la seule qui ait de la consistance quand tout le reste s'évapore , c'est écrire une histoire jusqu'à la fin.
Toujours dans la perspective aussi vaseuse du " mais , au fait , je peux mourir demain " , je ne veux pas mourir avant d'avoir fait un beau tas de feuilles bien rectangulaire , d'avoir agrafé l'ensemble , de ranger précieusement le résultat dans mon tiroir et de me dire : " Ca y est , j'ai terminé."
Je ne sais pas si le bonheur existe , mais le sens de ma vie , il m'attend dans le dossier " Frédoc " de mon ordi.
Faut pas faire attendre trop longtemps le sens de sa vie.

Enfin , j'ai découvert par ce biais rigolo qu'il était possible d'échanger avec des gens qu'on n'a jamais rencontrés. Ou rencontrés autrement , dans d'autres circonstances.
Lolo , Sophie , vos commentaires sont des petits cailloux précieux dans notre relation. Je les garde au fond de ma poche.
Etre lu par des inconnus , lire ce que d'autres vivent  a été une expérience intéressante et surtout bien fendarde. Or , je ne loupe jamais une occasion de bien me marrer. J'ai ricané bêtement plus d'une fois devant mon écran , et ça , c'est un beau cadeau qu'on s'est fait.
On patauge dans le poncif en rappelant que l'écriture est un puissant révélateur : internet n'a pas dérogé à la règle , je suis tombée sur de belles écritures qui révélaient de belles personnes. La bonté trouve toujours son chemin , je n'ai pas loupé celle que j'ai trouvée :
Merci Cubik. J'ai apprécié ce que tes non-dits révèlent de toi , autant que tes écrits. Ton blog est le premier qui m'a arrêtée. Normal , l'intelligence brille dans le noir.
Merci Francis. A te lire , j'avais le réflexe stupide de pousser une épaule imaginaire en pouffant " Roooh , t'es trop con..." ; comme avec les copains , quoi.
Merci Mademoiselle A. Ecrire avec le souci aussi évident de s'ouvrir aux autres , chapeau bas , madame. Et tes accolades virtuelles me touchaient à chaque fois que je les relisais.
Merci aux quelques autres , Bumblebee , Axel Nader , qui sont venus poser leurs mots comme des oeufs de Pâques dans mon jardin. Je n'y ai jamais été indifférente.

Même si je ne me berce pas de l'illusion qu'on se connaît vraiment. Je ne suis pas de ces vieux réacs qui dénoncent l'inhumanité supposée d'internet ; mais je ressens les limites de ce drôle d'espace virtuel.
Et , c'est vrai , c'est un peu frustrant.
Nous connaissons notre ton , notre humour , des bribes de nos sentiments , de nos opinions , de nos quotidiens ; nous connaissons surtout ce que nous voulons bien nous montrer les uns aux autres.
Internet ou pas , le pacte autobiographique est toujours un peu flou.
Freakylady ne sera jamais tout à fait Frédérique ; ceux qui apprécient mes mots détesteraient peut-être ma voix , ceux qui scrutent ma photo ne reconnaîtraient peut-être pas mon visage.
Je vous ai dit tellement , et vous me croiseriez dans le train sans me voir.
Dommage.
Pour moi qui n'aime rien tant que rencontrer les gens , non seulement leur parler mais les regarder ( même les plus MOCHES ), prendre ce qu'ils donnent comme ce qu'ils tentent de retenir , l'exercice de ping-pong blogal à l'aveugle atteint ses limites.
Conclusion?
Au premier qui utilise mon adresse e-mail à bon escient : je suis la reine du TGV , le premier qui dit " go " me voit débarquer sur le pas de sa porte un de ces quatre week-ends. Et à l'inverse , chez moi , c'est la maison du bonheur. çui qui veut y vient.
Chaleur humaine.

Inutile de préciser que je continuerai à lire assidûment les blogs des uns et des autres. On ne s'interrompt pas en pleine pêche à la perle.

So long , donc.
Je trinque au plaisir de vous avoir écrit.


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agota 11/02/2008 13:15

C'est par Cubik que j'arrive ici, et ton mot d'aurevoir, qui est la première chose que je lis de toi, me donne envie de te saluer. Je te souhaite de prendre soin du sens de ta vie comme tu le souhaites. Je t'envoie un sourire simple et sincère pour la belle route devant.

Axel Nader 09/02/2008 00:42

D'après les milieux autorisés blogosphèriques tu t'es mis à la plume Sergent major et à la Waterman bleu nuit. Et que tu reviens dans neuf mois et des broutilles.

A.I.I.B. 31/01/2008 20:41

pooouurrrrrrrquooooiiiiiiiii ??????
aaaaaarrrrggghhhh .... rrrrrrgghjh.... aaaaaergh.... rhhg...etc etc etc...bon ça te feras plus de temps pour venir squatter! bezoo...(eh ouais les mecs ! moooi je connais la vraie freakylady ! la grande prêtresse du Placage ! Et en plus elle est beeelllllee et gentiiiilllle !)

biboul 30/01/2008 01:46

petite misstinguette
bon ,je ne partirais pas dans les les delires ,merde ,mais pourquoi ,c est trop injuste ....
ce qui est vrai ,m enfin ....
je respecte ton choix
t as interet a enchainer un bouquin ....miss
mais petite question quand meme ....
pourquoi se formaliser ?
pourquoi se mettre des limites ?
apres tout cet endroit ,c est ton espace
nous ,on l aprecie ,c est un echange
pourquoi cette notion de definitif ...
pourquoi ne pas revenir une fois de temps en temps
rien n est incompatible
pourquoi briser ce lien etablie ???????
interogue toi la dessus ...

de la part d un gars qui eu une bonne experience avec les psy...

anyway je respecterais ton choix
je tembrasse bien fort
jul

Axel Nader 29/01/2008 18:37

Une partie de notre cervelle nous dit d'arrèter lorsque cela va mieux, mais faut-il l'écouter? même si tu te prends pour le concombre masqué, ça change de Napoléon.